Les politiques sont-ils accros à Twitter ? On serait tenté d’y croire en lisant l’annonce faite par Eric Besson le 24 décembre sur son Twitter : « Bonne soirée. Ma semaine sans Twitter commence demain à 10 heures. D’ici là, soyez sages. »
Si cette cure de désintoxication peut aire sourire, Eric Besson n’est pourtant pas le seul politique à passer beaucoup de temps sur Twitter : Nadine Morano, Manuel Valls, Cécile Duflot ou encore, Nathalie Kosciusko-Morizet sont autant de fans de ce nouveau moyen de communication.
Fondé en 2006 aux Etats-Unis, Twitter permet à ses « twittos » (utilisateurs) de publier des messages de moins de 140 caractères.
Sur Twitter, les entreprises, les marques, les journalistes, les artistes ou encore les politiques sont surreprésentés.
Mais, la relation entre twitter et les politiques ne date pas d’hier ; ces derniers se sont rapidement passionnés pour cet outil : Barack Obama en a fait un canal de diffusion pendant sa campagne présidentielle de 2008, et s’apprête à renouveler l’expérience cette année.
Twitter est aussi l’outil web star de notre campagne présidentielle 2012. Des micro affrontements ont lieu sur la toile, en marge de la campagne officielle. Ainsi, la compagne de François Hollande, Valérie Trierweiler journaliste politique sur Direct 8, annonce à ses followers « J’ai essayé @nadine_morano, mais c’est au dessus de mes forces. Je me désabonne, bon courage à ses followers. Adieu Nadine ! ».
Ces clash ne passent pas forcément inaperçus tant ils sont repris par les journalistes et surtout, par les humoristes. A l’image de Sophia Aram qui a fondé sa chronique matinale, à France Inter, sur un tweet de Nadine Morano : « Je tape plus vite que mes doigts mais je corrige aussi vite que ma pensée ».
Twitter accélère le transfert de l’information et induit un nouveau mode de communication : les relations sont moins protocolaires, plus directes. Pensons ainsi à François Fillon qui, caché sous pseudonyme, suivait derrière son écran les tweets des uns et des autres.
Les politiques perdent peu à peu leur statut, au profit d’une relation égalitaire avec les journalistes et le public :
« Beaucoup ne savent pas faire, n’ont pas la petite phrase qui fait mouche, tombent dans l’insignifiance, se caricaturent ou balancent des piques qui tombent à côté, ce qui est dévastateur dans cet univers-là », prévient Jean-Luc Mano, journaliste et responsable en communication.
En revanche, ces relations directes avec les politiques avantagent largement les journalistes, qui accèdent à l’information rapidement et peuvent ainsi doubler l’AFP à propos d’informations capitales! La course au scoop est lancée.
Le langage twitter est un langage qui s’apprend, qui a ses codes et qui doit être interprété avec précaution.
Combien de « scoops » repris sur twitter se sont finalement avérés faux ?
Sources : lemonde.fr ; rue89.com ; levolontaire.fr ; écrans.fr






