Qui est Jean-Christophe Buisson ?
Né en mai 68 dans le Forez, Jean-Christophe Buisson a suivi deux années de khâgne au lycée du Parc à Lyon puis a obtenu une maîtrise d’histoire à l’université Jean Moulin avant de rejoindre l’Ecole Supérieure de journalisme à Paris. Après son service militaire comme sergent-instructeur au Régiment de marche du Tchad, il est entré au Figaro Magazine en 1994. Grand reporter pendant plusieurs années (reportages en Yougoslavie, en Albanie, dans le Caucase, en Russie, en Corée du Nord, au Vietnam, en Afrique du sud, au Congo, etc), il est nommé chef de service cinéma puis rédacteur en chef des pages culture en 2008.
Il est l’auteur de plusieurs essais, notamment sur la Serbie où ses livres sont traduits et ont obtenu plusieurs prix (« Le Roman de Belgrade » ; « Héros trahi par les Alliés, le général Mihailovic » ; « Le Goût de Belgrade »). Il a aussi publié un roman, « Il s’appelait Vlassov », et participé à des livres collectifs (« Le Siècle rebelle », « Pourquoi croyez-vous en Dieu ? », « Contes de campagne »).
Dernier coup de coeur ?
Le film « The Artist » de Michel Hazanavicius, avec Jean Dujardin et Bérénice Bejo, qui sort en salles le 12 octobre et a de fortes chances d’être sélectionné aux oscars en février prochain. Qu’à l’heure du numérique et du motion capture en 3D, un réalisateur français quasi inconnu réussisse à tourner à Hollywood, « La Mecque du cinéma » comme l’appelait Blaise Cendrars, un film muet en noir et blanc, en un mois à peine, avec un budget équivalant à celui d’une séquence d’ »Avatar », est déjà un exploit. Qu’il trouve un producteur américain pour le soutenir en est un autre. Que le film soit une merveille visuelle en même temps qu’un bijou d’émotion en est un troisième. Il se pourrait bien qu’il y en ait un quatrième : qu’il attire un public de jeunes (notamment grâce à l’iconique Dujardin) et leur fasse découvrir à l’occasion la beauté et la profondeur d’un cinéma dont ils ne soupçonnaient même pas l’occasion. Qui sait si dans un mois, des milliers d’ados ne vont pas réclamer en DVD « Le Mécano de la Générale », « L’Aurore » et « Metropolis » !
Dernier coup de gueule ?
Depuis cette année, la disparition quasi-totale des programmes du collège de toutes les grandes figures héroïques de l’histoire de France afin de faire de la place à l’enseignement des cultures et des civilisations extra-européennes (empire du Mali, Chine des Han, tribus du Mexique, etc.). Le fait que les élèves de 6ème, 5ème, 4ème et 3ème n’apprennent plus qui étaient Vercingétorix, Saint-Louis, Bayard, Louis XIV, Napoléon, Gambetta, Pasteur et Foch me désole et me scandalise. Comment les ministres de l’Education nationale peuvent-ils tolérer cette honte ?
Où aimeriez-vous lire votre journal le week-end prochain ?
A la terrasse du restaurant qui domine la forteresse du Kalemegdan, au bord du Danube, à Belgrade. D’abord parce qu’il s’agit d’une des plus belles vues de la région, ensuite parce que lire des articles sur les élections primaires socialistes françaises en écoutant une fanfare tzigane, un verre de slivovic à proximité et les plus belles filles du monde dans mon champ de vision, ne me paraîtrait pas une chose désagréable.






