Quand l’ancien fait peau neuve : les projets de réhabilitation du Sud

Réaménager un bâtiment ou un local, en gardant son aspect extérieur et en améliorant le confort intérieur, est monnaie courante. Elle l’est d’autant plus lorsque de grandes villes souhaitent optimiser leur urbanisme. Que ce soit Toulouse, Bordeaux ou Marseille, voici les défis que les grandes villes du sud se sont lancées.

La politique de réhabilitation toulousaine

La tendance toulousaine semble être à la reconversion et à la réhabilitation des lieux qui ont marqué son histoire.

L’hôpital La Grave

L’hôpital La Grave

La plus grande réhabilitation de Toulouse concerne le célèbre hôpital La Grave. S’imposant sur près de 6 hectares, ce bâtiment a servi d’accueil pour les malades de la peste au Moyen-Âge. Il fut ensuite un lieu d’enfermement pour les mendiants, les prostituées et les aliénés. En 1797, l’hôpital devient le plus grand établissement de santé de la ville. Il possède une annexe des locaux militaires de l’ancien couvent de Saint-Cyprien. De nos jours, l’hôpital de La Grave est le second plus grand établissement hospitalier de Toulouse. Il dispose de structures spécialisées en dermatologie et en lutte contre le dopage.

Le Centre Hospitalier Universitaire est le principal propriétaire de l’hôpital. Toutefois, la mairie détient un hectare d’espaces extérieurs ainsi que la chapelle. Celle-ci commandite des travaux extérieurs pour aménager un cheminement piétonnierqui permettra d’accéder au jardin Raymond VI et au parc du musée des Abattoirs. Le parking qui servait jusqu’ici aux employés du CHU a été transformé en espaces verts.

Concernant la chapelle Saint-Joseph, une rénovation est prévue pour en faire un espace culturel. Elle devrait accueillir des expositions temporaires, des concerts et autres rencontres artistiques. Des rumeurs au sujet d’un programme immobilier dans l’ancien couvent de l’hôpital planent.

Le restaurant “Chez Carmen”

Le restaurant Chez Carmen

Le second projet de réhabilitation de la ville concerne le célèbre restaurant Carmen. Son histoire commence dans les années 50, lorsqu’un réfugié espagnol et sa femme achètent un petit bistrot. Situé dans le quartier Saint-Cyprien, celui-ci devint très vite prisé. Nommé “café des Abattoirs”, il était le lieu de rendez-vous des travailleurs. Suite au décès du père, le fils reprit le café et le transforma en un restaurant nommé “Chez Carmen”. Rapidement, il devient un lieu incontournable de la ville. Convivial et populaire, il dut néanmoins fermer ses portes. Cette décision fut prise par Olivier Carmen, petit-fils du fondateur.

Le site fait donc l’objet d’un projet de réhabilitation d’envergure. Un important complexe immobilier est en train de s’y construire. Les travaux ont commencé en avril 2017 et doivent se terminer d’ici fin 2018. Seule la façade du restaurant a été conservée. Les 4.255 autres mètres carrés ont été rasés pour laisser place à 162 logements neufs et à une dizaine de maisons individuelles.

La politique de rénovation urbaine Bordelaise

Bordeaux semble porter une attention particulière à la réhabilitation de ses lieux phares. Sensible à l’innovation, elle compte en faire de vrais pôles technologiques.

Le quartier Brazza

Le quartier Brazza à Bordeaux

S’étendant de Bordeaux-Lac à la gare Saint-Jean, le quartier Brazza n’est autre que la reconversion d’un site industriel ferroviaire. Par ailleurs, le quartier accueille encore quelques trains et pourra, dans un futur proche, s’inscrire dans un réseau de transport métropolitain.

Le projet de réhabilitation prévoit la construction de 4.950 logements neufs. Certains seront sur pilotis, d’autres en front de Garonne. Des équipements sportifs et ludiques, des hôtels, des équipements publics et des pôles d’attraction seront aussi érigés. Traversé par une ligne de tramway ainsi que par des pistes cyclables et piétonnes, le quartier donne une perspective d’ouverture à ses habitants. La halle de l’ancienne usine Soferti, avec sa belle charpente, reste conservée telle quelle en raison de son intérêt patrimonial.

Ces 5.000m² réhabilités constituent un pôle d’attraction pour Bordeaux. Assumant parfaitement son passé de site industriel, le quartier compte devenir une adresse exceptionnelle.

L’ancien site de Marie Brizard

ancien site de Marie Brizard

Créée en 1755, l’entreprise Marie Brizard est spécialisée dans la production de boissons alcoolisées et parfumées à l’anis. Aujourd’hui l’usine n’entretient plus ses fonctions et laisse place à un projet étonnant.

Les 1.900m² de la halle vont être entièrement réaménagés en un accélérateur de startups. Près de 200 postes de travail y seront proposés. Ce projet souhaite converser la valeur patrimoniale des lieux. L’intérieur conservera donc ses allures d’ancien site d’embouteillage. Les autres espaces de l’usine laisseront place à des logements neufs, à des commerces et à un musée dédié à Marie Bizard.

La politique de rénovation urbaine Marseillaise

Au delà de l’amélioration de ses habitats, Marseille se veut attentive aux reconversions de ses bâtiments emblématiques.

La Villa Méditerranéenne

Située dans le second arrondissement de Marseille, la Villa Méditerranéenne est un bâtiment public qui n’a pas de positionnement clair. À la base, la villa était destinée à abriter des conférences, des réunions et des expositions. Mais de nombreuses zones d’ombre (notamment financières, politiques, identitaires) ont poussées l’édifice à prendre le large et à fermer ses portes. De ce fait, la Villa se visitait davantage pour son intérêt architectural que pour ses propositions au grand public.

Le contexte autour de son avenir était donc des plus complexes. Aujourd’hui, après de multiples propositions, ses 10.000m² vont accueillir un musée consacré à la Grotte Cosquer. Son sous-sol prévoit une reproduction de 90% de la grotte, pour une plongée des plus immersives. Au rez-de-chaussée, ce sont une librairie et une boutique qui prendront place. Un espace muséal et multimédia ainsi qu’un espace événementiel seront aménagés dans le porte-à-faux.

Cette reconversion, estimée à 20 millions d’euros, permettra de réceptionner 400.000 visiteurs par an.

Villa Méditerranéenne Marseille

Le hangar du J1

Symbole du passé industriel et portuaire de la ville, le hangar du J1 a fait couler beaucoup d’encre. Construit en 1930, ce géant d’acier et de béton de 6.000m² faisait office de gare maritime. Son emplacement stratégique a suscité de vives négociations entre la mairie et la direction du port.

Le Grand Port Martime de Marseille a lancé un appel à projet qui concerne les 3 niveaux du bâtiment. En attendant le réaménagement définitif des lieux, qui devrait être présenté d’ici fin 2018, le premier étage du J1 accueille un espace culturel. Interventions artistiques et culturelles sont mises à l’honneur.

L’aménagement définitif du site constitue un enjeu essentiel pour rendre la façade littorale marseillaise plus attractive et innovante.

Laisser un commentaire